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TémoignagesJeunes en mission à Kitcisakik |
Des jeunes de Montréal
en mission à Kitcisakik, Abitibi |
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| Du 22 au 28 juillet 2007, 5 jeunes adultes du Mouvement Salut! Terre1 accompagnés du responsable Sylvain Bélec et de Sœur Renelle Lasalle, du diocèse d’Amos, ont vécu une expérience d’inculturation dans la communauté algonquine de Kitcisakik. Située dans le parc Lavérendry à 100 km au sud de Val d’Or, la communauté de 400 membres a refusé le statut et les privilèges des « réserves » pour garder sa DIGNITÉ. | ||||||||
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Il y a 20 ans, le jeune chef, Jimmy Papatie, visionnaire pacifique, a pris en main les destinées de sa communauté en mettant sur papier un grand rêve : celui de permettre aux siens de construire et d’administrer eux-mêmes un village qui respecterait la culture et les valeurs anicinapek. En attendant la réalisation de ce projet ambitieux appelé « Wanaki » (paix), les gens doivent vivre dans des conditions du quart-monde. Privés électricité et d’eau courante, bien qu’ils soient à quelques mètres d’un barrage, ils vivent de la chasse et de la pêche. À partir de 7 ans, les enfants doivent s’exiler toute la semaine à Val d’Or pour leur scolarisation. Cette expérience vécue dans ce pays de peaux de chagrin 2 a été initiée dans le cadre des projets annuels d’été du mouvement Salut ! Terre. Pour ce faire, les jeunes ont envoyé une lettre aux trois évêques où vivent les communautés algonquines du Québec. « Nous sommes un petit groupe de jeunes adultes catholiques en quête d'une expérience missionnaire et culturelle. Nous aimerions expérimenter le mode de vie des autochtones que ce soit au niveau spirituel, sportif, alimentaire, etc. Nous aimerions prendre conscience de la richesse culturelle ainsi que les événements historiques marquants au sein de la communauté algonquine. [...] Nous désirons, aussi, proposer notre aide pour faire avancer des projets établis dans la communauté. » Mgr Tremblay, évêque d’Amos, a donné suite à ce courrier en me mandatant pour faire des approches auprès des communautés autochtones de la région. Après voir vu le reportage de Radio-Canada sur Kitcisakik3, j’ai contacté le nouveau chef, monsieur Edmond Brazeau, qui nous a ouvert les bras et a organisé cette aventure inoubliable. Nous avons été hébergés dans la salle communautaire du village d’été, situé sur une des presque Îles du Grand Lac Victoria. À 25 km du camp d’hiver, ce mini-village de 40 maisons en bois ronds, est habité surtout par les aînés. Les jeunes stagiaires ont donc pu expérimenter le quotidien de ces braves gens; pêcher au filet, chasser l’orignal, admirer les nids d’aigles, entendre des légendes indiennes, cuisiner la bannik (pain), participer à un banquet communautaire, jouer au 45 (jeu de cartes), chanter autour du feu de camp les chants de la nouvelle génération, apprendre à lire et parler quelques mots algonquins. Au dire de Monique, la traductrice que les jeunes considéraient comme leur « Kokom » (grand-maman) les jeunes montréalais ont été très « tough » puisqu’ils ont vécu avec joie et sans se plaindre les mêmes conditions sanitaires que les insulaires. Au niveau de la nourriture, le chef avait mandaté deux dames pour préparer les repas. Nous avons donc eu la chance de manger du poisson frais du jour, de goûter à divers plats à base d’orignal en plus de déguster la délicieuse bannik aux raisins. |
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Nous avons aussi été surpris de découvrir en pleine forêt boréale, une belle petite église, monument historique, construire en 1863 par les Pères Oblats et rénovée en 1998. Le père Lionel Lajeunesse, qui habite là et assure les services religieux au cours de l’été, a été très accueillant et aidant pour nous mettre au diapason de la population. À chaque jour, nous avons assisté à la messe et prié le chapelet dans la langue des aînés. Le sommet de la semaine fut au dire de tous, la célébration de la fête de Ste-Anne, patronne des amérindiens. Pour répondre au désir du missionnaire, les jeunes ont organisé une procession pour la récitation du chapelet. Chaque dizaine a été récitée devant la maison d’une « kokom » à qui on demandait de formuler des intentions. Lors de la quatrième dizaine, Roody, un jeune algonquin, a interprété un chant de la nouvelle culture amérindienne. Ce chant, véritable cri du cœur exprime le désarroi des jeunes générations et leurs demandes aux grands-parents de venir les aider à retrouver leur culture et le sens de leur vie. Cette activité pastorale inculturée a rejoint le cœur de tous et a permis de nouer des liens très solides et très profonds avec la communauté algonquine. Ce succès apostolique a consolé les jeunes missionnaires de n’avoir pu aider le missionnaire à préparer les enfants à leur première communion comme cela était p au programme. Mais cette déception a été mineure à côté du bonheur de vivre des relations vraies, simples et fraternelles qui font l’essence de la culture algonquine. Lors de la dernière eucharistie, chacun a témoigné de la richesse de l’expérience. Pour ne citer que Philippe qui avait ne trouvait pas de mots pour exprimer son contentement, le fait de vivre le quotidien de ces gens si simples et généreux fut pour lui, une expérience très nourrissante à tous les points de vue. D’un autre côté, c’est avec la voix nouée par l’émotion qu’un des anciens a témoigné de son bonheur d’avoir pu vivre cette semaine avec des jeunes, de les entendre rire, chanter et prier avec eux. C’est pourquoi, cette expérience aura des lendemains. Tous les jeunes veulent revenir l’an prochain, et sans doute d’autres jeunes avides de vivre de l’essentiel avec cette communauté si attachante. Richard Desjardins, l’artiste abitibien très connu, sortira un documentaire à l’automne sur Kitcisakik..« Le Peuple invisible », un film à ne pas manquer ! 1. http://www.ste-croix.qc.ca/salutterre/ 2. Au pays des peaux de chagrin. Deuxième livre d’une série de 3 qui relate l’histoire de Kitcisakik. 3. http://www.radio-canada.ca/regions/abitibi/Dossiers/kitcisakik_11291.shtml
N. B. : Si vous connaissez des jeunes intéressés à vivre cette expérience, communiquez avec Renelle Lasalle au courriel suivant : srrenelle@hotmail.com. |
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Renelle Lasalle, ss.cc.j.m.Août 2007 |
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