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2008 - 2009

Les articles de "Un mot de..."

Sr Carmelle Mireault, paru le 1/04/2008

Sr Rita Marion, paru le 1/06/2008

Sr Paule Boulais, paru le 1/09/2008

Sr Michelle Lépine, paru le 1/11/2008

Sr Solange Breault, paru le 1/01/2009

Sr Lisette Ducharme, paru le 1/03/2009

Sr Marij Meijs, paru le 1/05/2009

Sr Jeannine Lognoné, paru le 1/07/2009

Sr Odile Brunard, paru le 1/09/2009

Sr Françoise St-Martin, paru le 1/11/2009

Sr Carmelle Mireault, paru le 1er avril 2008

Alleluia! Alleluia!

Joyeuses Pâques, merveilleux printemps!

Pour les croyants et les croyantes qui se rendent à l’église en ce dimanche de Pâques, on se rend vite compte que ce jour-là n’est pas comme les autres. À l’intérieur de l’église, le nouveau cierge pascal est allumé, les fleurs abondent, l’orgue est plus festif, plus léger, plus enjoué.

Autrefois, beaucoup de gens aimaient porter des vêtements neufs, le jour de Pâques : un habit, une robe, un chapeau… C’était Pâques. Cela devait se voir non seulement à l’intérieur de l’église mais aussi à l’extérieur. Pâques, c’est aussi les fleurs que l’on offre, les lapins en chocolat, les œufs savamment décorés.

Au-delà de ces signes extérieurs, Pâques nous rappelle qu’un jour, Dieu a vraiment fait du neuf, de l’inattendu. Il a fait en sorte qu’un homme, un mortel, Jésus a traversé la mort, s’est relevé et a été introduit dans une vie nouvelle que l’Esprit Saint lui a façonnée.

De nos jours également, Dieu peut faire du neuf et de l’inattendu dans notre monde marqué par la violence, la guerre, les changements climatiques, les injustices de toutes sortes. Oui, cela est rendu possible grâce à ce même Esprit qui a été à l’origine de la création du ciel et de la terre. Cet Esprit peut accomplir aujourd’hui une recréation. À cette recréation d’un monde meilleur, d’un monde plus humain, nous pouvons contribuer.

Des petits gestes sont à notre portée tels que : attention aux plus petits de notre entourage, gestes de partage, tolérance et bonté dans nos rapports avec les autres, participation à des actions collectives pour la promotion des valeurs de respect, de justice, de solidarité, etc.

Ce faisant, nous serons signes de la présence de Celui qui s’est dressé dans la lumière de l’aurore et qui toujours nous convie, au cœur de nos deuils et de nos échecs, à une abondance de vie.

Alleluia! Alleluia! Joyeuses Pâques!

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Sr Rita Marion, paru le 1er juin 2008

Servir l’autre et non se servir de l’autre !

            « Dieu ne fait pas les ponts, il nous a donné des mains » (proverbe africain)

Servir l’être humain ! le rencontrer, le recevoir comme un autre soi-même, s’ajuster à ce qu’il est pour l’accompagner sur sa route ; « chausser ses sandales », être Africain avec les Africains et Québécois avec les Québécois ; le soutenir dans sa souffrance, lutter pour un monde plus juste, partager vraiment ; avoir un regard positif sur l’autre, lui faire confiance même lorsqu’on a été trompé ; donner sans attendre de retour… Tout cela, est-ce possible ? je pense que même si on n’y arrive pas complètement, ce qui compte c’est de se mettre en route vers l’autre, de désirer vraiment servir l’autre et non pas se servir de l’autre. Et croyez-moi, ça conduit au bonheur !

Se servir de l’autre !  l’asservir, le dominer, le considérer comme un être inférieur, le voler tant qu’on peut, le « prendre » comme un objet à posséder, un objet de plaisir; user du pouvoir, de l’argent et même du savoir pour mettre la main sur l’autre, c’est souvent une tentation mais qui conduit à l’insatisfaction , à la division, à la guerre, au malheur !

C’est en participant, le 3 mai dernier, aux obsèques de Mgr Lucien Monsi AGBOKA, notre cher « Daagbo » (grand-père), que je me suis mise à réfléchir sur ce sujet… Cet homme a vécu cette dimension de don à l’autre tout au long de ses 40 ans d’épiscopat au diocèse d’Abomey (Bénin), au service de son peuple  Son engagement intense sur tous les chantiers où peinent les hommes et les femmes de son diocèse était admirable ; il a vécu au service de tout l’homme, il a lutté pour la promotion des petits, des laissés-pour-compte ;  Il a créé des ateliers de toutes sortes pour donner aux jeunes un métier, des Centres féminins pour lutter contre le mariage forcé et le Vaudou, des partenariats avec l’Etat comme celui conclu en 2001 avec le Centre Hospitalier du Département pour que chacun puisse être soigné ; il était l’oreille attentive cherchant toujours une solution pour relever la personne, mettant sa foi en Dieu Créateur dont la gloire se manifeste dans l’homme debout.

Servir vraiment l’autre n’est pas facile mais, c’est tellement « bon » !  « Dieu ne fait pas les ponts, il nous a donné des mains » dit un proverbe africain, alors servons nous-en pour bâtir avec d’autres ! en partenariat, en action coopérative, en partageant nos idées, nos capacités, nos difficultés et… nos biens, là où nous sommes !

Serons-nous de ces êtres au service de tout l’homme, comme Jésus ? Je nous le souhaite car c’est la porte du développement, de la joie partagée, du bonheur !

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Sr Paule Boulais, paru le 1er septembre 2008

« Ecoute en toi la Source … »

Ce matin de juin, je réussis (grâce à Dieu !...) à sortir du bureau. Une voix m’appelle à quitter pour deux ou trois jours ce lieu qui m’encombre la tête et le cœur… J’ai l’impression que ça ne finira jamais… !

Une heure plus tard, j’ai changé d’environnement… Et en ce début d’après-midi un peu frisquet pour la saison, je me retrouve sur ce site devenu familier au fil des années : le Centre spirituel de la Roche du Theil, situé dans un immense cadre de verdure, près de Redon, au Sud de la Bretagne.

Le silence du parc aux nombreuses allées bordées d’arbres plus que centenaires est seulement interrompu par le chant des oiseaux et le vent qui souffle. La vie est là ! Toute la création chante les merveilles de Dieu et m’invite à l’accueillir. Assise à l’extrémité de l’éperon rocheux qui domine la vallée, je rejoins, peu à peu, mon cœur profond et la source qui m’habite : Un Autre est là, « plus présent à moi que moi-même ».

Ils sont là, les Trois, un seul Dieu qui se donne et qui attend que « nous lui ouvrions la porte de notre humanité dans son entièreté » (Simone Pacot)…

Une source d’Amour, une force incroyable me pousse à « consentir au réel »… !

Il y a quelque temps, B. Révillon, rédacteur en chef de Panorama, nous rapportait une parole de Claudel : « Il y a en nous Quelqu’un d’à moitié étouffé qui a absolument besoin de se mettre à l’aise ».

Dans notre monde d’aujourd’hui, il y a chez beaucoup la fuite de soi, la peur du silence, les musiques fortes, les nombreuses sollicitations… « Le trop grand silence m’angoisse » me livrait récemment une personne qui habite la ville.

En ce moment, remontent à ma mémoire deux attitudes que nous étions invitées à vivre dans les premières années de ma vie religieuse. Nos frères et sœurs cloîtrés les vivent d’ailleurs toujours intensément. Ce sont :

  • d’une part les moments de la journée que l’on appelait « le grand silence ». Nous le respections. Ce n’était pas une fin en soi. C’était un acte vivifiant qui nous donnait maintes occasions d’écouter le murmure de la Source intérieure …
  • d’autre part, à chaque heure du jour, nous suspendions nos activités quelques instants afin de nous mettre en la Présence de Dieu.

Quel moyen je me donne aujourd’hui pour laisser la Source irriguer tout mon être ?...

«  Avec le Seigneur, il faut toujours creuser pour vivre » nous dit M. Delbrel.

Alors, n’ayons pas peur de « creuser » profond pour écouter le murmure de Celui qui est la Vie , pour entendre cette Source qui est un véritable tourbillon d’amour et alors, nous serons source à notre tour pour tous nos frères et sœurs.

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Sr Michelle Lépine, paru le 1er novembre 2008.

TOUTES LES FILLES À L’ÉCOLE !

Tel est le slogan écrit sur d’immenses pancartes, avec dessin à l’appui, affichées un peu partout au Bénin. Ce n’est pas sans besoin… En effet, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont privilégié, pendant de nombreuses années, l’éducation pour les garçons, au détriment de celle des filles, bonnes seulement pour les travaux domestiques et champêtres, pensait-on…

Pourtant, la Déclaration universelle des droits de l’homme votée par les Nations Unies comprend cet article 26 dont voici deux courts  extraits : « Toute personne a droit à l’éducation » et «  L’enseignement élémentaire est obligatoire ». Il est bien vrai que la famille forme l’enfant, que les filles donc peuvent être bien éduquées à la maison, mais si l’enseignement scolaire, élémentaire au moins, ne vient pas compléter ce qu’elles reçoivent dans la famille, de quelles chances inouïes ne sont-elles pas privées ! Dans son livre : Où va l’éducation ? Jean Piaget cite cette réflexion intéressante : « Le problème essentiel est de faire de l’école le milieu formateur que la famille tend à réaliser sans y parvenir toujours suffisamment et qui constitue la condition sine qua non d’un développement intellectuel et affectif complet ».

La Déclaration des droits de l’enfant, proclamée par l’Assemblée générale de l’ONU, le 20 novembre 1959 vient appuyer, en son principe 7, la déclaration universelle des droits de l’homme. Je cite :

« L’enfant a droit à une éducation qui doit être gratuite et obligatoire au moins aux niveaux élémentaires. Il doit bénéficier d’une éducation qui contribue à sa culture générale et lui permette, dans des conditions d’égalité de chances, de développer ses facultés, son jugement personnel et son sens des responsabilités morales et sociales et de devenir un membre utile de la société ».

L’enfant, donc le garçon et la fille !!!  D’autant plus que « Une fois qu’elles ont accès à l’école, les filles tendent à mieux réussir que les garçons ». (Rapport mondial  Unesco 2008)

Avec empressement, je félicite le Bénin, ce pays que j’ai appris à connaître et à apprécier, pour sa décision « affichée » de mettre TOUTES LES FILLES À L’ÉCOLE, par un programme promu par l’UNICEF et soutenu par le gouvernement. Que les autres pays de l’Afrique de l’Ouest en fassent autant, l’urgence est grande !

Deux proverbes africains :

« Éduquer une femme, c’est éduquer une nation » a reconnu un grand homme.

« Si vous privez la viande de feu, comment voulez-vous la cuire ? Proverbe lunyoro.

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Sr Solange Breault, paru le 1er janvier 2009.

Nous devons être le changement que nous voulons pour le monde.

Qui saura dire combien de fois le souhait de « Bonne et Heureuse année 2009 » aura été prononcé et reçu durant ce temps des Fêtes !

Former des vœux, présenter ses vœux relève d’un désir ardent de voir se réaliser quelque chose, d’en avoir la possession et la réalisation. C’est M. Larousse qui le dit !

Mais, pour que ces vœux portent du fruit, quel sera le chemin ?

Nous ne le savons que trop : un vœu pieux, n’a aucune chance de se réaliser.

Comment donc, prendre en charge, sans présomption, tous les vœux que nous avons offerts ?

Comment ? Voici la réponse de Boris Vian : « Ce qui m’intéresse, dit-il, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes, c’est celui de chacun ». Le Bonheur commence au bout de mes souliers, comme j’aime à dire ! Et là, cela nous engage évidemment.

Françoise Gaudet-Smet, ajoute son grain de sel : « On n’attend pas le temps meilleurs. On les invente et on les fait ».

Le défi de voir se réaliser toutes les bonnes choses que nous avons souhaitées, deviendra réalité, si, et  seulement si, nous retroussons nos manches pour créer la vie au quotidien.

Chaque détail appelle parce qu’il donne la main à l’essentiel.

Il y tant de vie et de renouveaux à l’œuvre dans la présence, l’écoute, la bonté cordiale, l’action simple et juste, en solitaire ou en solidaire ! Alors, un monde renaît. Dieu ne s’approche et ne se révèle qu’avec des pas d’amour !

Ce défi n’est la propriété de personne ; universel, international, il fait le tour de la planète bleue ; par 1000 gestes et 1000 visages il refait le monde quand il donne une vraie réponse à un  problème. Souvent il se vit en coopération avec Dieu, venu marcher sur les routes de Galilée.

Nos vœux d’amitié pour la nouvelle année 2009 ont donc entraînés de soi, des gestes des bonheurs en parole et en action. Bonne mise en œuvre !  Je vous livre un secret de réalisation pour les prochains 365 jours, m’inspirant d’une citation de mon professeur de français au Collège : « Il faut se laver les yeux avant chaque regard » (Mizoguchi, cinéaste japonais).

Et vous savez où trouver l’eau vive pour avoir des yeux neufs chaque matin et construire l’espérance qui nous habite. Bons 365 jours actifs et rénovateurs.

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Sr Lisette Ducharme, paru le 1er mars 2009.

Quel sujet choisir parmi un éventail de possibilités? La prédominance de l’être sur le faire s’impose avec insistance, peut-être en raison de ma mission auprès des sœurs aînées.

Au début d’une session, mon groupe est soumis au traditionnel tour de table pour les présentations d’usage. Au terme, l’animateur nous invite à reprendre en répondant à la question : qui suis-je?  Croyez-moi : le tour fut plutôt bref. Faites une pause pour tenter l’expérience.

Huguette Leblanc a écrit : « Quand on me demandera : Qui suis-je?, je répondrai : Je suis disciple de Jésus. » Moi, je réponds : « Je suis fille de Jeanne et Conrad de naissance, fille de Dieu par mon baptême et fille d’Amélie Fristel par vocation. » Quels titres à couper le souffle… sans aucun mérite de ma part! Au baptême de Jésus, l’Esprit fond sur lui : « Tu es mon Fils bien-aimé… tu as toute ma faveur (Mt, 3, 17).

Je cuisine… j’enseigne… je fais les comptes… autant d’actions valorisantes mais parfois qui tentent d’acheter l’affection des autres. En aucun cas, je fais l’éloge de la fainéantise mais plutôt de la gratuité irradiant le faire. Gagner sa vie, c’est une question de dignité, de simplicité volontaire. C’est une dimension du vœu de pauvreté, un chemin d’humanité.

ChacunE apporte une couleur unique par sa « façon de vivre différente que j’ai nommée ministère intérieur » (Simone Pacot). Lorsque j’enseignais la catéchèse, un exercice consistait à formuler la sentence que l’on aimerait voir apparaître sur sa pierre tombale. Les élèves m’ont attribué : « Tout est dans la manière! »

À l’âge de la retraite, comme il est difficile d’accepter de ne plus faire. Se croire inutile, quelle souffrance dont je suis souvent témoin! Lâcher-prise, simplement être, voilà l’œuvre de toute une vie pour qu’une Présence s’infiltre là où le faire rétrécit l’espace intérieur.

Il m’arrive de demander à Dieu le don de l’oraison pour cesser de faire les frais de la rencontre et être là pleinement car « Dieu est plus grand que notre cœur » (1Jn 3, 20). Il connaît nos fébrilités mais aussi nos extases.

J’aimerais qu’on dise de moi ce que le marquis de Custine disait de Chopin : « Quand je vous écoute, je me crois toujours seul avec vous et peut-être avec mieux que vous encore. » Quel idéal!

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Sr Marij Meijs, paru le 1er mai 2009.

Terwijl de wereld draait… het geheim van de Stilte De besloten wereld van de Roermondse Kartuizers.

Sans doute auriez-vous un peu de mal à me lire si je continuais ce texte dans ma langue maternelle, le Néerlandais !  Donc j’utiliserai le français afin de pouvoir vous partager une joie qui m’habite et de vous faire une invitation, celle d’aller à la recherche et à la découverte du secret du Silence…. Il se trouve qu’il y a chez nous à Roermond, une exposition qui s’appelle :

Pendant que le monde tourne… le secret du Silence, Le monde enfermé des Chartreux de Roermond.

À travers cette exposition internationale, le visiteur peut découvrir la grande importance qu’ont eu les Chartreux pour la ville de Roerrmond, au plan architecture – leur monastère existe encore en partie – et au niveau des grands trésors d’arts qui en restent.

Mais le plus important est le secret du Silence, presque tangible lors de la visite. Le visiteur fait comme un petit voyage dans le temps de la vie chrétienne du temps des Chartreux vers notre monde d’aujourd’hui, complètement différent. Très vite on découvre que la vie de ces moines a quelque chose à nous dire. Les Chartreux en Roermond ont vécu ici de 1180 jusqu’en 1783.  Sans doute que beaucoup d’entre vous connaissent un peu cet Ordre monastique fondé par saint Bruno en 1084. Les Chartreux consacrent entièrement leur vie à la prière et à la recherche de Dieu dans le secret du cœur. Ils intercèdent pour l'Église et pour le salut du monde entier.

Quand on circule dans le cloître, la chapelle magnifique et les autres pièces de l’exposition, on se croit dans un autre monde. Un monde qui nous attire fortement, nous intrigue. On voudrait en savoir plus, faire les mêmes expériences que ces moines ….

Les réactions, après une visite de cette exposition, ressemblent beaucoup à celles que l’on éprouve face au film : die grosse Stille (le grand silence déc. 2006). C’est exactement le même sujet : le film nous montre la vie des moines dans la Grande Chartreuse près de Grenoble, dans une nature magnifique. La solitude et le silence, le retrait du monde et la vie extrêmement simple, la contemplation et la prière, l’ascèse et la persévérance nous renvoient vers le grand mystère de la prière cachée et visible dans le rythme profond d’une journée de contemplation. C’est Dieu qui parle quand le chartreux écoute et se tait.

Le monde tourne …. Et avec quelle vitesse ! L’homme perd presque la maîtrise sur sa vie et ne se sent plus satisfait. L’homme moderne est devenu un chercheur, un sans-abri dans les mondes multiples qu’il fréquente. Il sent le besoin d’approfondissement et de recherche du sens des choses.

Je voudrais pouvoir vous inviter à venir « goûter » cette rencontre avec les Chartreux. Hélas la distance est trop grande; je vous propose alors de regarder sur le site-web : www.kartuizers.nl

À l’heure actuelle, pour beaucoup de gens, les abbayes et les couvents sont devenus des oasis d’hospitalité. On y cherche la tranquillité, le silence, la simplicité et la réflexion. L’homme cherche des endroits où il peut entrer en relation avec le mystère de Dieu.

Approfondir l’importance de l’intériorité dans un monde où l’artificiel peut nous envahir, c’est cela à quoi nous sommes appelés depuis toujours, mais que les Chartreux m’inspirent de vous partager sur ce site. Oui, le monde d’aujourd’hui a plus que besoin de redécouvrir « les trésors » cachés dans le grand Silence; c’est là que notre être profond se retrouve, se développe et tend à son épanouissement.

Chacun a sa route personnelle mais nous marchons aussi ensemble afin de parvenir à être le lieu visible, palpable, de l’amour de Dieu pour les hommes. C’est là que Dieu nous attend, c’est là aussi que les hommes d’aujourd’hui nous attendent…. Voilà le secret du silence… le lieu d’une rencontre possible avec Dieu et l’occasion de la croissance dans la foi et l’espérance .

Pendant que le monde tourne…   le secret du Silence,

Bon silence pour chacun !

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Sr Jeannine Lognoné, paru le 1er juillet 2009.

Du repos ! Ah oui ! Les vacances ! J’ignore si vacances est synonyme de repos, mais nous avons tous besoin de changer d’air; de changer de rythme, de nous ressourcer, en fait, de nous reposer.

Le Seigneur ne nous invite-t-il pas au repos ?

En Marc 6, 30,34  lorsque les apôtres reviennent de mission,
Jésus leur demande de se reposer. «  Reposez-vous un peu »

Mais quelles vacances … Quel repos …

Nous sommes en juillet, c’est le temps des vacances. Tout au long de l’année, nous sommes pris par nos travaux, nos soucis. Nous allons et venons … Il nous est difficile d’avoir du temps pour nous-même, notre communauté, notre famille ….

Ce temps de vacances prenons-le comme une chance qui nous est donnée pour nous reconstruire intérieurement, pour nous adonner à la contemplation : contempler Dieu, contempler les paysages, les visages …

Le temps des vacances devrait nous laisser du temps libre. Quelle place ferons-nous à la prière, à la lecture quelle qu’elle soit, et à la méditation de la Parole de Dieu ?

Ouvrons simplement la porte de notre cœur au Seigneur, laissons-le descendre en nous et y produire du fruit.

« Vivons  en enfants de lumière sur les chemins où l’Esprit nous conduit… » dit le cantique.

C’est sur les chemins de l’été que l’Esprit  nous conduit. Nous sommes apôtres de juillet. C’est le moment d’avoir des cœurs d’été pour ceux que nous rencontrons.

N’oublions pas ceux qui ne prennent pas de vacances pour des raisons diverses et à qui un geste d’amitié peut donner un coin de ciel bleu : un appel téléphonique; une carte postale ou bien d’autres choses.

Être missionnaire de l’été c’est aussi être missionnaire de paix. Créer cette zone de paix en nous-mêmes en nous reposant : nous sommes faits pour le repos.

Le repos, c’est d’abord un devoir. Dans la Bible , il est beaucoup question de repos- : « le septième jour, sera un jour de repos complet » (Exode 31, 15). Il s’agit d’imiter Dieu lui-même qui se reposa de tout travail qu’il avait fait. (Genèse 2,3).

Il y eut un temps où les gens ne se reposaient que pour mieux travailler après. Actuellement des hommes et des femmes travaillent beaucoup pour pourvoir se payer un vrai temps de repos et de loisirs. D’autres ont un travail qui consiste à être entièrement au service des loisirs des autres.

Ne faut-il pas réhabiliter le repos, lui redonner son vrai sens. L’expérience le montre bien ; « celui qui ne se repose jamais finit pas fatiguer les autres !!!»

Qu’est-ce que se reposer ?

  • Se reposer … se poser à nouveau devant soi, mais autrement.
Se retrouver soi-même avec ses souvenirs, ses blessures, ses joies. S’accueillir soi-même avec patience, miséricorde et confiance
  • Se reposer … se poser à nouveau devant la nature avec un regard neuf.
La nature est le premier livre que Dieu nous écrit : on peut y voir bien des signes qui peuvent nous faire réfléchir : une fleur qui pousse au milieu des cailloux… Un arbre qui résiste à la tempête
  • Se reposer ... se poser à nouveau devant les autres avec des yeux renouvelés.
Pouvoir se retrouver face à face dans un dialogue neuf en toute objectivité. Voir les choses autrement...
  • Se reposer … se poser à nouveau devant Dieu avec un regard neuf, un esprit dégagé, libéré

C’est vrai, je l’avoue, il est difficile de trouver un long temps de « désert » mais ce peut être un week-end, une semaine ou quelques jours par-ci par- là. Souvent nous nous sentons indispensables alors qu’un petit arrêt ferait du bien à tout le monde car comme je l’ai écrit plus haut : celui ou celle qui ne repose pas finit par fatiguer les autres...

Tous, toutes, nous désirons ardemment avoir une relation fervente, paisible et détendue avec Dieu … Alors soyons en paix avec nous-même, avec la nature, avec les autres.

Si nous le faisons :

Quel cœur à cœur super nous aurons avec Dieu pour pouvoir vivre selon Sa volonté !!

Bon repos à chacun et chacune d’entre nous
et comme on dit en Côte d’Ivoire  « Ça va aller ! »

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Sr Odile Brunard, paru le 1er septembre 2009

Dans l’ordinaire, l’extraordinaire …

La rentrée !... À nouveau, les pages de l’agenda se noircissent.

Réunions, rencontres, déplacements, rendez-vous, trame de l’ordinaire à laquelle nous revenons sans cesse. Un ordinaire, lieu de notre réponse à Dieu qui nous y précède !

Y aura-t-il encore une petite place pour se souvenir, gravé au fond du cœur et de la mémoire, d’un moment ou d’un événement qui nous a émus ou fait vivre cet été?

Soirée avec des ami-e-s, des sœurs, pendant laquelle l’écoute, le partage nous ont établi-e-s dans la sérénité, la joie, la communion.

Événement communiqué par les médias et qui, tout à coup, oblige à une pause, à une attention, dans la frénésie des activités. Ce fut le cas de l’annonce du crash de l’Air Bus qui s’est abîmé dans l’Atlantique en juin dernier, ravissant à leurs proches tant d’êtres aimés.

Récession, conséquence de la crise mondiale, causant bien des incertitudes à des familles connues et obligeant à des prises de conscience et à des attitudes responsables.

Ce peut être aussi, une démarche.

Personnellement, je garderai longtemps en mémoire quelques moments forts dont le dénominateur commun est : La Marche.

Marche "Sur les pas de Saint Paul", dans les Herbus du mont Saint Michel, en intercongrégations, le 8 mai dernier, avec plus de soixante-dix participantes.

Découverte de chefs d’œuvre d’architecture, trésors laissés par les générations précédentes, auxquelles nous nous sentons liées par-delà les temps.

Contemplation de paysages grandioses, d’où jaillit, au fond de soi, émerveillement et louange.

Moments de fraternité, de partage, de simples échanges, fatigue liée à la marche…

Véritable expérience d’Église, quand il s’agit de traverser la Baie où tu avances dans la tangue, d’un pas mal assuré, heureuse de t’appuyer sur ton frère, ta sœur, compagnon, compagne de la même aventure.

Marc Sevin, bibliste, dans un numéro de la Revue Fêtes et Saisons, l’exprimait en ces termes :

En mettant tout son être en marche, son corps, son cœur et son intelligence, l’homme se découvre chercheur de Dieu et pèlerin de l’Éternel.

C’est un peu ces moments privilégiés, vécus avec d’autres, jusqu’à la Source , révélée à Bernadette, à Lourdes, que je voudrais inscrire dans mon agenda de 2009-2010 !

Oui, dans l’ordinaire, un moment extraordinaire, gardé au plus profond de soi, pour aider à mieux vivre!

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Sr Françoise St-Martin, paru le 1er novembre 2009

Crise économique ! Crise économique ! Crise économique !

            Depuis des mois qu’on nous casse les oreilles avec ça ! Au début, on était un peu sceptique… Et puis, on en a vu les effets tout près de nous : faillites, coupures de postes, fermetures d’usines, chômage, familles en difficultés (perte de leur maison, graves besoins alimentaires) etc. En fait, la crise est devenue une crise générale !

            Les gouvernements se sont empressés de venir en aide aux grandes compagnies afin de relancer l’économie et le marché de l’emploi. Mais la chaîne est longue avant de mettre du pain sur la table des moins nantis… On dit que dans les deux dernières années, plus de cent millions de personnes ont basculé sous le seuil de la pauvreté… Nous sommes sœurs et frères en humanité. C’est notre mission d’être là où la vie est menacée. Rappelons-nous les mots mêmes de Jésus : « Je suis venu pour qu’elles aient la vie et la vie en abondance! » Jn 10, 10.

On a tenté de nombreuses solutions dans divers domaines; mais sans cohérence, les effets positifs se font attendre… Mais depuis un certain temps, une idée semble vouloir faire surface : une déclaration universelle du bien commun de l’humanité… Utopie ?... oui, mais utopie nécessaire, car c’est une source de l’inspiration… Qu’est-ce donc à dire ?... Je crois comprendre que c’est par une telle déclaration qu’on en arriverait à une certaine cohérence et qu’on pourrait renouveler complètement, à sa base, le système économique…

            Quels sont donc ces biens communs que personne ne pourrait s’approprier pour en tirer son seul profit ?... Cela commence par le respect des ressources naturelles, dont les plus essentielles sont, sans contredit, l’eau et les semences… On devrait donc les considérer comme un patrimoine de l’humanité… Personne n’en serait vraiment propriétaire !

            Nous sommes bien loin de la coupe aux lèvres… La Chartre des droits humains a connu un long parcours avant d’être reconnue par la Communauté internationale. Si chacun/e on répandait  la bonne nouvelle ?... Peut-être que ce qui n’existe pas aujourd’hui pourrait exister demain !

N.B./ Pour une proposition dans le sens de cette déclaration universelle : Houtart@hotmail.com

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