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Archives 2010

Les articles de "Un mot de..."

Sr Jacqueline Arbour, paru le 1/01/2010

Sr Monique Renou, paru le 1/03/2010

Sr Marie-Flore N'Cho, paru le 1/05/2010

Sr Renelle Lasalle, paru le 1/07/2010

Sr Chrystelle Maillerie, paru le 1/09/2010

Sr Assumpta Igwé, paru le 1/11/2010

Sr Jacqueline Arbour, paru le 1er janvier 2010

Cette année, à Noël, si tout était autrement

Qu’est-ce à dire ?

Pourquoi ne pas nous questionner avant de préparer nos rencontres festives : quel impact auront nos comportements sur notre planète? Pourquoi ne pas réduire notre empreinte écologique?

« Il ne faut pas prendre la terre pour une dinde », comme nous la présente le Collectif chrétien œcuménique qui anime depuis cinq ans les campagnes de « Noël autrement ». Il a choisi cette année, comme thème, le réchauffement climatique, traité de façon provocatrice, dans l’objectif de faire réagir et de bousculer les habitudes.

Alors, arrêtons-nous quelques instants, à savoir ce que Noël représente pour nous…

Décorations lumineuses, sapin, achat de cadeaux, préparation de repas en surabondance, nouvelle tenue vestimentaire, dépenses supplémentaires, courses essoufflantes, manque de temps, fatigue, célébration religieuse, chorale, etc.

Tout cela fait partie de cette période festive, mais où seront nos choix écologiques équitables qui respecteront notre terre et qui auront le moins de conséquence pour les GES (gaz à effet de serre)? Exigeant ? Oui. Se remettre en question, c’est remettre en cause certains excès, c’est changer quelque chose, c’est se convertir : c’est exigeant !

Se convertir à Noël !

En prenant de plus en plus conscience que nous devons être en connivence avec le terre, avec l’ensemble de la planète qui nous porte, nous nourrit, nous émerveille par ses beautés, nous arriverons à la conversion.

Nous avons donc à lutter contre les dégradations de l’environnement, par nos gestes personnels de respect dans le quotidien et aussi, dans la mesure du possible, par nos gestes communautaires faits en partenariat avec des groupes engagés pour des valeurs imprégnées de justice et de dignité humaine.

« Noël autrement »

Question clé :

Dans mon mode de consommation, qui en souffre ou qu’est-ce que je détériore?

« Noël autrement »

Si nous visitons notre espace intérieur, en ce temps de Noël, et si nous prenons contact avec les textes de la naissance de Jésus Christ, nous aurons un appel à une vie nouvelle. « En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre. Joseph et Marie, son épouse qui était enceinte, étaient à Bethléem pour se faire inscrire. Or, pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son Fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » Celui qui vient choisit ce qui est modeste, pauvre; il se laisse entourer de gens simples, c’est pour eux qu’il vient.

« Elle l’emmaillota »

« Noël autrement »

Passer de l’abondance à la tendresse.
Passer de l’exploitation à la justice.
Passer de la destruction à la simplicité de vie,
au respect des personnes et des ressources naturelles.
Passer de… à…

Utilisons notre liberté pour créer plus de joie et de bonheur autour de nous en cette période festive. « Réchauffons nos cœurs. »

Croyons à nos petits gestes qui peuvent faire une différence.

Puisse Noël être vraiment autrement !

Qu’il apporte à chacune et chacun : Paix, Amour, Fraternité, Solidarité.

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Sr Monique Renou, paru le 1er mars 2010

Mon quartier s’appelle « LA DÉCOUVERTE »

Un nom porteur de nombreux symboles… Les premiers, je les trouve dans les noms exotiques des rues : Arkansas, Pérou, Chili, Trinidad, les Antilles… en souvenir des grandes périodes de découvertes de Christophe Colomb, des Conquistadors et, du Malouin, Jacques Cartier.

Notre histoire a commencé il y a bientôt 50 ans, sur un grand marais, exploité par quelques fermes de St-Malo… Un plan d’urbanisation met en place des pavillons, des immeubles, des écoles, une église, des supermarchés, des services sociaux, médicaux, d’animation : tout ce qu’il faut pour que la vie s’installe aussi agréablement et aussi humainement que possible.

Voici un peu plus d’un an que j’habite au cœur de ce quartier, avec Brigitte et Georgette. Même si deux d’entre nous travaillent à l’extérieur, nous aimons y rentrer, le soir. C’est le temps du partage sur les événements de la journée, la vie ordinaire, avec ses soucis, ses joies, ses espoirs. Georgette est très présente sur place. C’est ainsi que le quartier devient « nôtre », et habite notre vie, notre prière.

Entrons dans ce grand territoire, disons plutôt, après Claude, « cette immense famille » où tous se connaissent, dans la rue, l’immeuble, le square… Des liens de solidarité, d’amitié, entre les habitants, se tissent au fil du temps, depuis le début, grâce à la volonté, la ténacité d’un certain nombre, leur souci du bien-être de tous, d’un plus en humanité pour chacun.

Pourquoi  vient-on vivre à La Découverte – ce quartier qui a été souvent déconsidéré dans le passé ?  Pour certains, c’est la perte d’un emploi, pour d’autres, une rupture familiale… Enfin, on s’y installe aussi par choix, plus que par nécessité. C’est le cas des prêtres de St-François et des Sœurs de notre communauté qui ont choisi de vivre au plus près des gens.  L’histoire de « Paul » est un exemple, habitant lui-même en HLM et trop tôt enlevé à l’affection des « siens ».

La Ville de St-Malo ne se contente pas de construire des bâtiments, mais réfléchit aussi avec les familles, informe, aide à s’organiser, fait participer cette population aux multiples facettes, à l’évolution du quartier et à la vie de la cité, à travers comités et conseils de quartier.

Ce qui me frappe, c’est ce fil affectif qui unit les habitants, quelque soit la couleur, l’origine, la croyance. Une leçon d’optimisme que l’on retrouve dans l’Église, cernée par les HLM, les grands commerces, et qui rappelle opportunément la grande leçon des béatitudes qui s’illustre ici chaque jour.  J’en emprunte l’expression à notre Sœur, Lise Marsan

« Heureux les pauvres – pas les sans argent – mais ceux dont le cœur est libre !

Heureux les doux – pas les mous – mais les patients et les tolérants !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice – pas ceux qui braillent – mais ceux qui luttent !... »

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Sr Marie-Flore N"Cho, paru le 1er mai 2010

La Souffrance, la clé qui ouvre la porte de nos cœurs au Christ,
La guerre, porte de retour des Ivoiriens au Christ !

Voilà déjà dix ans que le peuple ivoirien connaît une grande souffrance à cause de la guerre.

Au milieu de toutes ces peines est né un phénomène des plus étonnants: Le retour à Dieu!

Oui! Des hommes, mais surtout des femmes ont choisi dans cette situation insupportable de retourner à Dieu, essence de tout être qui respecte la voix intérieure.

Beaucoup de mouvement de prières naissent partout, les nouvelles communautés foisonnent, les besoins réels de retraite spirituelle chez les laïcs sont impressionnants à tel point que les lieux sont à réserver des mois d'avance. Même si certaines intentions restes douteuses (recherche d’argent), il faut reconnaître qu’il y a un réel désir de rechercher et de trouver le réconfort et le bonheur en Dieu ! Car il faut le dire les Ivoiriens et ceux qui vivent depuis en Côte d’Ivoire ont fait l’expérience de vivre à la recherche de l’argent, du pouvoir, du plaisir et même de la paix, sans Dieu !

Les preuves de l’échec sont là, la guerre avec tout son corollaire de souffrance, d’humiliation, en somme de déshumanisation.

Si seulement tous pouvaient rechercher Dieu avec la même énergie mise à chercher le pouvoir, l’argent, la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire, la fin de cette guerre n’allait pas se faire attendre.

Malgré l’épaisseur des nuages, il y a de l’espoir, car les voix de toutes ces personnes qui prient sincèrement ne peuvent pas laisser Dieu insensible ! Comme notre père Abraham intercèdent pour Sodome et Gomor, nous te disons : « Seigneur ne regarde pas nos péchés mais regarde la somme des petites prières sincères de tout ce peuple accablé par la souffrance ! »

Cette soif de dire à Dieu nos peines, l’Église locale l’a bien perçue et exprimée à travers la prière composée par les évêques ivoiriens et proposée aux chrétiens dans toutes les communautés. La quelle prière qu’ils se sont bien appropriés.

Loin d’être une fuite, un refuge ou même une démission comme pourraient penser certains, ce peuple dans sa grande partie vient de comprendre cette affirmation du Christ en Jn 15,5 « sans moi vous ne pouvez rien faire ».

Le défi reste celui de trouver le juste milieu, avoir la tête au ciel et les pieds sur terre ! Ce qui veut dire demander la force à Dieu, s’adosser à lui et lui nous inspirera les gestes et paroles de paix, la vraie qui vient de lui.

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Sr Renelle Lasalle, paru le 1er juillet 2010

En cette fête de la Trinité, je reçois ce texte d'un diaporama par Internet. J'y découvre une autre facette de la miséricorde de Dieu. Me voilà dans l'émerveillement! Ce chef-œuvre théologique conçu par une humble artiste, Sr. C. Muëller, me fait plonger au cœur du mystère central du catholicisme (réf.1 ). J’y découvre qu’au centre de la Trinité , il y a le « prochain » que Jésus nous a commandé d’aimer. Ce prochain, c’est d’abord moi avec ma fragilité, ma finitude reconnue ou non, mais aimée inconditionnellement par le Père. C’est cette humanité blessée, élevée à la dignité d’enfant de Dieu par l’abaissement du Fils. C’est cette glaise, cet humus animé et enflammé par l’Esprit d’Amour.

Cette icône m’invite aussi à entrer dans la ronde trinitaire. Après avoir goûté à l’amour inconditionnel de Dieu, passer du rôle d’aimée à celui d’aimante. Être pour « l’autre » le Père qui chérit et soutient. Le Fils qui lave les pieds et  redonne la dignité perdue. L’Esprit qui dynamise.

« L’autre », c’est celle, celui que je côtoie au quotidien, sur qui je projette inconsciemment mon ombre (les facettes de mon être que je n’ai pas encore acceptées), celui qui me sourit comme celle qui m’ignore.C’est aussi celui qui souffre de solitude, celle qui doit accepter la maladie, le rejet, l’échec, le vieillissement, le deuil… C’est l’autre, le « différent » et la « différente » qui me fait peur, qui me dérange ou qui m’attire… C’est l’autre au loin, mais proche par les médias ou par le travail : l’analphabète, le jeune de la rue, l’handicapé, l’amérindien, le terroriste, le réfugié, l’affamé, la femme violée, etc.

J’ai eu l’occasion de vivre au Centre Intercommunautaire Quatre Saisons CIQS (réf.2 )  avec 47 compagnes provenant de 29 communautés vivant dans 12 pays des cinq continents. Ce fut une expérience relationnelle très riche et nourrissante, une expérience de la vie trinitaire. Nous avons appris à vivre en disciple de Jésus où le « Voyez comme ils s’aiment » était au menu quotidien. Je remercie la communauté de m’avoir permis de vivre une expérience si riche.

(réf.1 ) Compendium du catéchisme de l’Église catholique no 44, p. 232

(réf.2 ) www.ci4saisons.com

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Sr Chrystelle Maillerie, paru le 1er septembre 2010

« Viens nous rejoindre sur le réseau, j’ai 800 amis ! » Wouaouh ! Combien de fois recevons-nous dans notre boîte email un message de ce genre pour se connecter à un réseau d’amis ? Pour ma part ça va directement à la poubelle. Je n’ai pas envie d’être amie avec l’amie de mon amie qui elle-même est amie de je ne sais qui…

Parmi les 800, combien en connais-tu vraiment, avec qui tu as pris le temps de discuter ? Oui il est possible d’échanger mais on s’aperçoit bien aujourd’hui que plus il y a de destinataires, moins il y a de personnes à prêter attention. Le réseau Internet porte aussi des lacunes aux conséquences sur une vie professionnelle ou de groupe, comme les échanges de photos, ou des fausses rumeurs entrainant la déprime ou le suicide. N’est-il pas mieux de prendre des temps de rencontres personnelles, conviviaux, où l’on apprend à mieux se connaître ?

N’est-ce pas cela que Jésus voulait dire aux disciples en les appelant ses amis et non ses serviteurs ? Tout au long de sa vie publique, Il leur a dévoilé sa vie, son mystère. En les appelant amis Il veut leur faire partager l’amour de son Père.

Peut-être qu’à notre tour nous avons à réapprendre, à développer notre réseau d’amis en vérité, à rendre visite à celui qui est malade parce qu’il attend tout simplement une parole d’amitié, à participer à des temps de rencontres où l’on partage notre vie, nos questions, nos doutes au regard de la foi.

« Allez viens je t’invite à partager chez les AmiEs des Saints Cœurs ! »

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Sr Assumpta Igwé, paru le 1er novembre 2010

L’ANIMISME
observé au Campus Universitaire d’Abomey-Calavi, Bénin

L’Université est un haut lieu de savoir, comme tout le monde le sait, où se côtoient à Cotonou christianisme et autres croyances africaines.

Durant le temps de l’Évangélisation, l’Université était considérée comme une institution ecclésiastique jouissant de privilèges royaux et pontificaux et chargée de l’enseignement.

De nos jours, elle est devenue l’ensemble d’établissements scolaires relevant de l’enseignement supérieur regroupé dans une circonscription administrative qui est celle d’Abomey-Calavi.

En ce haut lieu de savoir, la force actuelle est de constater un profond changement concernant ces croyances ; surtout que par définition l’ANIMISME est reconnu chez certains comme une religion, une croyance qui attribue une âme aux animaux, aux phénomènes et aux objets naturels.

Il n’est pas rare de voir les étudiants animistes et même, chez certains qui se proclament chrétiens, se lancer dans certaines pratiques étonnantes qui consistent, avant de prendre place dans les amphithéâtres pour les cours, à se lancer au vu et au su de tout le monde dans la formulation de paroles incantatoires, à mettre aux doigts des bagues noires magiques ou déposer sous les deux fesses, des fétiches ou talismans soigneusement préparés.

On se retrouve face à de telles pratiques qui prennent de l’ampleur sur le campus d’Abomey Calavi, aussi bien dans les rangs des étudiantes et étudiants que des vendeuses de nourritures qui croient que, pour bien vendre, il faut bien préparer sa place par ces mêmes gestes pour attirer plus de clientèle.

Ces pratiques qui font croire plus à la "puissance" des pratiques animistes et fétiches qu’à celles du christianisme, nous amènent à nous interroger en posant les questions suivantes :

- Combien de dieux y a-t-il sur la terre ?

- Entre le "Dieu" tout puissant, créateur du ciel et de la terre, et les autres "dieux" qui sont des émanations de l’homme, lequel faut-il adorer ?

- Lequel est le chemin, la vérité ?

Sont-ce les dieux fabriqués avec de l’argile, du ciment ou de la latérite, à qui l’homme a imposé une tête qui ne fléchit et ne tourne pas ? Des yeux, qui ne voient pas et ne tournent pas ; un nez qui ne respire pas ; des oreilles, qui n’entendent pas ; une bouche, qui ne mange pas ; des mains, qui ne retiennent rien et enfin des pieds qui malheureusement ne bougent pas ? Ou « le Bon Dieu », l’unique, l’omnipotent, l’omniscient, la lumière qui était hier, aujourd’hui ?

Un jour en classe, un débat avait surgi provoqué par le professeur de littérature africaine, qui disait que l’homme est constamment habité par la peur de mourir ; voilà pourquoi il faut avoir confiance en Dieu. Un étudiant ajoute qu’il faut se protéger parce que lorsque tu portes ta bague, personne ne peut te tuer par la sorcellerie, même si tu es chrétien…. 

Or, la foi religieuse depuis des siècles jusqu’à nos jours a toujours occupé une place importante dans la vie de l’homme.

Voilà de nos jours le dilemme auquel nous sommes confrontés en tant que Religieuses, Religieux, et chrétiens catholiques.

Face à de tels dilemmes quelles seront nos missions ?

Est-ce laisser perpétuer ces pratiques chez la jeunesse, espoir de l’Afrique de demain, ou tenter de les convaincre, ou évangéliser davantage les parents ? Quel sera le visage de l’Église lorsque ces jeunes voudront devenir prêtre ou religieuse ?  Un grand défi pour nous, les religieux et religieuses.   La  MISSION est là dehors.

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