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Archives 2011 |
Les articles de "Un mot de..." |
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| Sr Hectorine Boudreau, paru le 1/01/2011
Sr Nicole Riberdy, paru le 1/03/2011 Sr Hélène Grudé, paru le 1/05/2011 |
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| Sr Hectorine Boudreau, paru le 1er janvier 2011
L'essenciel espérance « Ô Nuit d’espoir, Sainte Nuit, l’Espérance a relui » ! Ce magnifique chant de Noël résonne à nos oreilles et à notre cœur en cette fin d’année 2010 et en ce début d’année 2011 ! Comme à chaque année d’ailleurs ! L’espérance qui se traduit dans nos vœux de bonne et heureuse année : santé, bonheur, paix, prospérité ! On la nomme « vertu théologale ». « Vertu » c’est-à-dire puissance, force, dynamisme ! « Theos » c’est-à-dire Dieu ! L’espérance, cette puissance de Dieu qui se loge au plus profond de nous même ; qui donne l’audace des commencements tout comme la force des recommencements. L’espérance qui fait marcher plus loin que la peur comme le chante l’hymne de l’Office divin « Si l’espérance t’a fait marcher »… L’espérance qui fait croire au printemps même au cœur de l’hiver… Dans un livre lu il y a quelques années « Tant d’hiver au cœur du changement », l’auteur, Michèle Roberge, parle de l’essentielle errance pour exprimer la nécessité de vivre le vide, l’inconnu au cœur d’un changement important dans notre vie. Vivre l’hiver si l’on veut voir apparaître les pousses nouvelles du printemps ! Moi, j’aime parler de l’essentielle espérance. Essentielle espérance pour croire à la paix si fragilisée dans notre monde même après une décennie pour la paix décrétée par l’ONU pour 2001 à 2010 ! Essentielle espérance pour croire au renouveau d’une Église qui peine à sortir des sentiers battus pour annoncer le « Dieu des grands espaces »…. Essentielle espérance pour croire à la semence qui deviendra fleur, qui deviendra fruit… Essentielle espérance pour croire à la parole qui rassure, au geste qui console, au pardon qui réconcilie... Un jour, j’ai lu cette très belle phrase, dont je ne me rappelle plus qui en est l’auteur : « Je serai toujours un entêté de l’espérance ». Y a-t-il plus bel entêtement ? Entêté de cette « petite fille espérance » qui émerveille Dieu lui-même, selon Péguy ! |
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| Sr Nicole Riberdy, paru le 1er mars 2011
JUSTICE et ÉCOLOGIE Chaque moment de l’histoire a ses défis particuliers. En ce début du XXIe siècle, c’est la justice écologique (ou éco-justice) qui constitue un défi majeur et même le plus urgent des défis. Ce n’est pas parce que tous les autres défis des périodes précédentes sont réglés ou ne sont plus importants. La pauvreté continue de faire des ravages en privant des millions de personnes de leurs droits les plus élémentaires, des enfants sont toujours victimes d’abus de toutes sortes, la violence continue d’être employée pour régler les conflits entre personnes et entre groupes humains, etc. Tous ces défis ne cessent de nous interpeller fortement. Est-ce que la justice écologique ne serait qu’un nouveau concept « à la mode » pour traduire l’ampleur des questions qui nous interpellent aujourd’hui? Non, c’est beaucoup plus qu’une simple histoire de mode, la justice écologique chapeaute, en quelque sorte, les autres défis et les relie. La vision globale des problèmes et l’interdépendance des situations, en particulier la question des changements climatiques, ont largement démontré que notre façon de gérer le monde (les humains et la nature) a mené à des aberrations dangereuses desquelles personne ne peut se soustraire, même les riches! Notre modèle de développement mène aux désastres écologiques, disent les évêques du Canada. La terre et tous ses habitants sont confrontés à une profonde souffrance et même à la destruction, dit le Conseil œcuménique des Églises. Ces constatations sont graves mais en même temps elles sont rassurantes. Oui, en effet, si c’est la gestion humaine qui a créé tant de désordre, c’est donc dire que la gestion humaine, en changeant de cap, pourrait corriger les torts causés. Au lieu de s’enfoncer dans l’exploitation à outrance des ressources naturelles pour l’enrichissement de quelques-uns, dans la surconsommation qui produit des déchets dommageables, dans l’asservissement des humains comme machines de production, etc., si on consacrait toutes les capacités humaines à construire l’harmonie, le respect, l’équité, on pourrait sortir de l’impasse. C’est ça la justice écologique, c’est une clé pour repartir la machine dans le bon sens. C’est un pouvoir à exercer, c’est une responsabilité personnelle et collective à assumer. La recherche de la justice écologique, c’est la mission qui a été donnée aux humains dès le moment de la création. « Par ta parole tu as créé l’univers; par ta Sagesse tu as formé l’homme pour qu’il soit le maître de toutes tes créatures, pour qu’il dirige le monde de façon sainte et juste et qu’il rende la justice avec une entière droiture » (Sg 9, 2-3). La bible regorge d’images qui relient la terre à Dieu et qui donne aux humains la conduite à suivre pour gérer correctement la création. Mais les humains ont failli… il y a eu le déluge… puis l’arc-en-ciel. « Voici le signe de l’alliance qu’il y a entre moi et vous et tous les êtres vivants pour les générations à venir… » (Gn 9-12). Ne trahissons pas cette alliance. La très belle lettre pastorale de la Commission des affaires sociales de la CECC intitulée « L’impératif écologique chrétien »(1) propose trois formes de réponse au défi écologique. Selon le tempérament, l’expérience, la vocation de chaque personne, la réponse pourra être contemplative, ascétique ou prophétique. Il faut absolument lire et relire ce texte qui trace pour nous de façon très concrète, en ce moment précis de l’histoire, tout un programme de vie. Bonne lecture! |
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| Sr Hélène Grudé, paru le 1er mai 2011
Partir... « On dit que partir, c’est mourir un peu…mais s’en aller pour chercher Dieu, c’est trouver la Vie » avons-nous chanté avec Noël Colombier, il y a bien des années ! Cet appel à partir retentit dès le temps de la Genèse : Dieu dit à Abraham « Quitte ton pays, ta famille, la maison de ton père... » Après la résurrection, même appel du Christ : « va vers mes frères »,: « Allez, je vous envoie ». « Partir » pour diverses raisons… fait partie de toute vie. L’actualité internationale, en ce début d’année 2011, nous le rappelle douloureusement : Il faut partir = fuir… poussé par la peur, l’inquiétude… Difficile d’oublier ces visages, ces regards pleins de détresse faisant la une des journaux ou frappant à la porte des Associations humanitaires… Il faut aussi, parfois, partir pour céder la place, passer le relais, permettre l’ouverture à des voies nouvelles… Au temps de la jeunesse, poussés par le besoin de réussite, les départs peuvent sembler plus faciles… À l’automne de la vie, ils sont plus raisonnés, mais non moins inéluctables. Dans la vie spirituelle, même nécessité : nous sommes souvent invitées à partir; S’y préparer; « savoir partir avec grâce » tel était le titre d’un article paru, il y a quelques années. Et sur notre chemin d’Emmaüs, nous redire que Quelqu’un marche avec nous. Partir… Oser prendre des risques pour aller à la rencontre du frère, de la sœur, à notre porte, peut-être. Oser s’opposer à un système qui ne respecte pas la dignité de l’homme dans la société. Oser faire un pas… ouvrir des chemins, hors des sentiers connus, toujours empruntés. Oser se mettre en marche pour qu’advienne du « nouveau ». Je me souviens d’un poster longtemps affiché sur les murs de ma classe d’anglais : sous un ciel couvert de nuages noirs, un bateau affrontant courageusement une mer déchaînée… avec, en arrière-plan, cette citation de W. Shed : « Un bateau amarré dans un port est en sécurité, mais ce n’est pas à cette fin qu’il a été construit ! » Alors, oser s’éloigner de la sécurité du port et prendre le large !... Dans les périodes de doute et de brouillard, j’aime entendre cette invitation de Jésus à Pierre : « Avance au large…» (Luc, 5, 4) |
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| Sr Jacinthe Ricard, paru le 1er septembre 2011
L’érable le chêne, le baobab et le roseau… Comment annoncer l’Évangile dans les cultures d’aujourd’hui ? Pourquoi ce sujet ? Parce qu’il s’agit là de notre vocation même de baptisé, c’est-à-dire de notre vocation à vivre l’Évangile et à le proposer à d’autres comme chemin de bonheur. Mon propos sera très limité puisqu’il parle de la situation au Québec. Cette question m’habite : le choc des différentes cultures en présence ne serait-il pas un signe (sacrement) à notre Église et pour notre Église ? Des fruits de conférences, de lectures et d’analyses d’expériences, j’ose avancer quelques traits de ces diverses mentalités ou cultures. La première, dite mentalité traditionnelle, est bien connue des plus de 50 ans, qui en ont été ou en sont encore ses témoins de l’intérieur. En bref, sa foi peut se résumer à des vérités à croire, des pratiques à maintenir, des commandements à suivre. Foi sécurisante en un Dieu Providence. Sa morale, reçue de Dieu, est médiatisée par l’autorité compétente. La personne est définie par son groupe d’appartenance. La spiritualité est liée à la religion. Le « différent » apparaît souvent comme dangereux et menaçant. La mentalité dite de modernité est née il y a déjà quelques décennies. En convoquant le Concile Vatican II, le bon Pape Jean XXIII n’avait-il pas souhaité lui-même que l’Église ouvre ses fenêtres pour laisser entrer un vent de renouveau ? Quelques indices pour nous y retrouver : le « JE » devient plus important, on peut penser par soi-même et agir en conséquence. La morale est plus situationnelle. Le savoir se fragmente, l’autorité se multiplie, même l’Église a ses spécialistes (théologiens, biblistes, moralistes, canonistes,…). La foi devient un dynamisme de croissance, soit une foi qui doute, qui s’interroge, pour en venir à bâtir ses propres synthèses, même après avoir donné au Dieu de Jésus-Christ son adhésion du cœur. L’intelligence de la foi devient une responsabilité morale. Quant à la mentalité de post modernité ou ultra modernité, probablement qu’on saura mieux la définir dans 20 ou 30 ans! Dès maintenant, cependant, nous pouvons constater que la société ne transmet plus la foi mais la liberté religieuse du citoyen. Qui porte cette culture ? Est-ce uniquement les générations montantes, ces jeunes adultes baptisés ou non ? En partie oui, quasi par défaut. Mais il y a aussi ces baptisés catholiques plus âgés qui réalisent être entrés à plein dans la mentalité de modernité. Pour eux tous, spiritualité et religion font deux. Leur foi en Christ, sa référence à l’Évangile, doit apporter un surcroît d’humanité, une réponse à une quête de sens ; dans le cas contraire, on risque de redire aux porteurs du message cette célèbre parole des Athéniens servie à Paul : « Nous t’entendrons là-dessus une autre fois »…! (Ac 17,32). Soyons convaincus que la foi reste un don de Dieu, l’Évangile parle de la mission comme de semailles. Toute évangélisation commence par la réponse personnelle et honnête à cette double question : Qu’est-ce que l’Évangile me dit aujourd’hui ? Est-ce que j’accepte que les autres m’évangélisent ? Augmenter notre amour solidaire, nous déplacer vers l’autre en étant sûrs que c’est la route à prendre pour découvrir la présence du Christ ressuscité DÉJÀ LÀ, selon Mt 28,7. Un monde s’en va et un autre vient. Par le dire, le faire et l’être, se mettre au service des commencements et des recommencements de la foi, car «L’être humain est capable de Dieu.» (André Fossion, s.j.) Aucune mentalité ou culture n’existe à l’état pur. Prendre conscience de mon propre cheminement et de l’image de Dieu et de l’Église que je projette… en visant qu’elle passe de l’ÉRABLE au ROSEAU…qui plie mais ne rompt pas ! |
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Sr Marie-Annick, paru le 1er novembre 2011 … ET LES JEUNES PARLONS-EN…. Il n’est pas rare d’entendre sur les lèvres des unes et des autres ces paroles empreintes de nostalgie : «Les jeunes, on ne les voit pas dans nos Églises ! » « Oh, il est loin le temps où nous vivions au milieu d’eux, dans nos écoles ! » Certes, pour la plupart d’entre nous la santé, l’âge ne nous permettent plus de "faire" ou d’être "avec". Nous ne pouvons plus aller vers ces jeunes mais pourquoi ces jeunes ne viendraient-ils pas vers nous ? Et voici qu’en cette année 2011, pendant les vacances de Pâques ou d’été, à l’occasion d’un temps fort de catéchèse, d’un camp M.E.J, ou du Secours Catholique, des JMJ, nous les voyons, « débarquer », chez nous, sur cette propriété léguée à Amélie Fristel par Henri Lemarié. Ils sont des dizaines, des centaines voire un millier avec Cap 2011, une rencontre de collégiens venus de tout le Diocèse de Rennes ! Nous vivons avec eux une joyeuse cohabitation et nous sentons flotter sur
Avec eux aussi, nous avons partagé leurs questions, leurs craintes leurs rêves… ils nous ont montré, par leurs spectacles auxquels nous étions invités, combien ils sont habités par la vie et aussi un désir de silence et d’intériorité. Je ne sais qui admirer le plus : les animateurs qui savent révéler aux jeunes leurs capacités de créer un spectacle original… ou ces jeunes qui se donnent à fond, osant se livrer dans leurs jeux pour la joie des spectateurs. Que d’enthousiasme ! Finalement nous avons vibrés ensemble malgré les différences de cultures, de sensibilité, d’âges… Que retenir encore de ces rencontres intergénérationnelles ? Je dirais qu’elles témoignent de la vitalité de l’Église d’aujourd’hui. Celle-ci ne se construit pas avec des pierres taillées sur le même modèle, uniformes, mais en établissant entre les pierres si diverses que nous sommes des liens de confiance, de respect, d’amour... Tout ce qui favorise le dialogue entre les générations est au service de la croissance de l’Église Corps du Christ qui se développe en tenant compte des lieux et des temps. Alors oui, les jeunes sont proches de nous et cette proximité remplit nos cœurs d’Espérance et stimule notre Mission d’intercession qui est selon J.C. Lavigne : « temps de l’offrande simple de soi et des vies et espoirs de tous les humains… elle nous transforme et invite à devenir des acteurs impliqués ». |
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