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Homélie du 5 juillet 2008
P. Alain Ambeault, c.s.v.

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Les Jubilaires de 2008 au Canada

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Le nouveau visage de l'école Sainte-Marguerite

Homélie du 5 juillet 2008 P. Alain Ambeault, c.s.v.

5 juillet 2008 - Jour d'action de grâce!

Sincères félicitations à nos Jubilaires !

85 ans : Sœur Jeanne Lasalle
75 ans : Sœur Bernadette Boucher
70 ans : Sœurs Béatrice Archambault
60 ans : Sœur Jeanne-D’Arc DeGrandpré
50 ans : Sœur Lise Gareau et Sœur Thérèse Dulong
25 ans : Sœur Joanne Beaulieu

Félicitations également à nos AmiEs qui s’engagent officiellement :

Mme Colette Coutu
Mme Pauline Brazeau et M. Lionel Madore

Nos AmiEs qui s'engagent officiellement

50 ans de profession religieuse, un vrai jubilé! Qui dit mieux? Nous avons aujourd’hui un soixantième, soixante-dixième, soixante-quinzième, et même un quatre-vingt-cinquième anniversaire de profession religieuse est associé à notre fête. Pauvre Joanne avec ton vingt-cinquième, tu fais encore la petite dernière! De 25 à 85 ans, ce que nous fêtons ce matin, c’est la merveille de l’être humain qui, dans une suite de «  oui » dits et redits, laisse une trace, comme cette traînée de cailloux sur la route qui conduit tout bonnement à la fidélité.

Il y a des gens, plus par illumination d’un moment que par économie de mots, qui nous surprennent de grandes vérités dans une simple petite phrase. Je ne me rappelle plus trop où j’ai cueilli celle-ci, mais elle dit bien non seulement le sens profond de cette fête, mais une vérité pour l’aujourd’hui de ce que vivent les communautés religieuses: «  Penses-tu trouver l’avenir en regardant dans le miroir? » Belle sagesse que cette question... En fait, bizarre à dire, mais la fête d’aujourd’hui est et je l’espère l’avenir de nos communautés et ne se trouvent qu’en avant de nous!

Laisser tomber des cailloux sur notre route, c’est moins pour retrouver le chemin parcouru, honnêtement, qui dans la vie a vraiment la passion de revivre ce qu’il/elle a vécu? que d’en faire un point d’appui pour atteindre cette autre étape qui semble nous lancer un appel à la rejoindre. Les êtres d’espérance, nos fêtés de ce jour, bien sûr, sont des gens dont le mouvement vers l’avant est la condition de leur équilibre!

Ces moments de fidélité rappelés et célébrés m’ont toujours impressionné. Je me souviens lorsque j’avais la charge pastorale des miens et que, à chaque année, des confrères se tenaient fièrement devant moi pour renouveler leur profession. 50 ans d’une fidélité qui a su se tirer du lit chaque matin! Je me laissais toujours distraire par le compte des ans. Et je n’ai jamais été fort en calcul... alors la distraction était sérieuse: 12 confrères à 50 ans = 2X0 - 2X5 - 1X0 - 1X5 = 600 ans de fidélité X 365 jours..? J’abandonne!

Tant de jours, de visages rencontrés, d’événements vécus! Alors, je cessais de compter pour regarder tendrement ces visages plus expressifs que jamais, ces mains abîmées par la passion de faire quelque chose dans la vie, ces crânes dégarnis, je sais de ce dont je parle, ces dos courbés à force de se relever, et j’éprouvais simplement le besoin de leur demander : et le cœur, votre cœur, comment bat-il lorsqu’on s’arrête pour retracer le chemin parcouru, pour regarder encore en avant?

Je vous imagine donc, chères sœurs, vous lever une à une et appeler à la mémoire vos parents par qui la vie a été transmise, ces parents qui vous ont donné un nom, qui vous ont donné un nom devant Dieu. Une famille qui connaît les secrets de votre enfance, la fragilité de vos premiers pas, vos désirs les plus intenses, confiés, au jour le jour, en joie souriante ou en peine qui isole. Je vous imagine nous raconter ces amitiés qui par le mystère de la vie se font et se défont, ne laissant que quelques-unes, les noms choisis d’une vie qui détiennent la combinaison secrète de nos grandes amours, qui connaissent le rythme du battement de notre cœur.

Je vous vois nous raconter ce qu’ont été ces essais pour quitter le rivage et gagner le grand large qui nous permet de passer sur l’autre rive de nos vies, là où Dieu nous attend toujours. Je vibre à vous écouter nous dire la merveille de cette rencontre qui encore vous emballe le cœur.

Vraiment je vous regarde : dans vos yeux, le compte des jours ne nous fait pas regarder dans le miroir, en arrière, mais il nous incite à faire comme vous : garder les mains ouvertes.

Mes sœurs, ce matin, soyez fières d’être simplement ici à entendre cet appel qui vous va très bien: «  Passez le vêtement d’amour et de compassion... » Le bouquet de fidélité que vous nous offrez, c’est 25, 50, 60, 70, 75 et 85 fois merci, mais aussi et surtout, 25, 50, 60, 70, 75 et 85 fois encore!

Oui Seigneur, encore le vêtement d’amour!

Oui Seigneur, encore le langage du Christ sur mes lèvres!

Oui Seigneur, choisis-moi encore!

Aujourd’hui, laissez les gens autour de vous vous regarder, vous apprécier et dites encore!

Laissez les souvenirs de vos engagements vous redonner le goût de la route avec d’autres... et dites encore!

Laissez Amélie vous appeler « petites glaneuses » et dites encore!

Et demain, sur chacune de vos routes, si humbles soient-elles, vous croiserez des hommes et des femmes qui accueilleront vos paroles, vos gestes et qui, par un simple sourire, vous rediront eux-aussi : encore!

En empruntant les paroles de Madeleine Delbrêl je vous dis que vous avez été choisies pour être dans un équilibre étrange. Un équilibre qui ne peut s’établir et tenir que dans un mouvement, dans un élan. Le vôtre c’est de cultiver des fleurs, de faire apparaître des jardins, partout où vous êtes.

Que Dieu bénisse la beauté que vous nous donnez à voir et à contempler! Nous disons tous encore!

P. Alain Ambeault, c.s.v.
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