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Bulletin de la Fondation du Carré St-Louis de Joliette
Le tour du Jardin (accueil)

Volume 1 Numéro 1 Oct. 2006
Volume 1 Numéro 2 Déc. 2006
Volume 1 Numéro 3 Avril 2007
Volume 2 Numéro 1 Déc. 2007
Volume 2 Numéro 2 Mai 2008
Volume 3 Numéro 1 Déc. 2008
Volume 3 Numéro 2 Mai 2009
Volume 4 Numéro 1 Déc. 2009
Volume 4 Numéro 2 Mai 2010

Volume 2 Numéro 2 Mai 2008

Regards du côté de la vie

Par : Agathe Dupuis, ss.cc.j.m.
Résidente aux Logements d’Amélie.

Même en hiver, l’esprit d’Amélie Fristel veille sur le Carré St-Louis !

La Fondation du Carré St-Louis se met en route discrètement, au printemps 2003, à l’aube des fêtes du Centenaire de l’arrivée des sœurs à Joliette. Le projet Carré St-Louis est à ce moment en gestation, dans le rêve d’une communauté soucieuse de poursuivre autrement la passion de charité d’Amélie Fristel, et aussi dans le cœur de plusieurs personnes « de profonde humanité ». Donner à la lutte à l’exclusion et à la pauvreté un regard et une conscience actuelle, un cœur qui bat au rythme des besoins d’aujourd’hui, des mains qui agissent concrètement et ouvrent l’avenir. La Fondation épouse ce rêve audacieux, le porte avec la volonté de le soutenir dans le temps et risque l’aventure. J’ai eu la chance de faire partie du conseil provincial ayant piloté le dossier complexe du Carré St-Louis. J’ai vécu avec mes sœurs ce passage majeur de quitter la maison familiale et de consentir à ce qu’elle reprenne vie d’une autre manière. J’ai redécouvert une Amélie Fristel plus vivante que jamais, « rajeunie », moderne, présente à tout effort de mobilisation, indiquant l’avenir avec confiance et audace.

En continuité avec un appel personnel et en fidélité avec le charisme de ma communauté d’être proche des gens, je me retrouve locataire aux Logements d’Amélie. Dans la symphonie des boîtes et des déménageurs, j’arrive le 1er novembre 2006, avec enthousiasme et grand bonheur, ne sachant trop où la route conduira. Seuls comptent l’assurance d’être au bon endroit au bon moment et le désir de participer à cette vie « renouvelée »! 15 mois plus tard, il en a coulé de l’eau sous les ponts, et surtout il a neigé à en perdre le nord!

Que dire de cette vie qui a pris racine doucement, qui tâtonne, qui bouge et bouscule au gré des événements et des personnes qui donnent visage concret au Carré St-Louis. L’humanité dans ses grandeurs et ses misères, je dirais! De l’intérieur des murs du Carré St-Louis, je demeure un témoin émerveillé de la mise en route courageuse d’un projet complexe, de l’implication indéfectible des gens qui y croient, d’une volonté de reprendre la vie à même les misères sociales, les erreurs, l’inexpérience, les imprévus.

À la faveur des rencontres de corridor, à même des réunions qui assoient à la même table les acteurs principaux d’un même collectif, dans le secret des luttes connues et inconnues, je salue cette vie qui s’appelle courage, volonté de dialogue, ténacité.

Je suis touchée par les jeunes, les intervenants de l’Annexe et l’énergie contagieuse qui forme, encourage, appelle au dépassement et à la responsabilité. Je suis touchée par les personnes vivant avec une déficience intellectuelle, qui, de par leur implication au Carrefour des Organismes, transforment le monde en rendant ce lieu joyeux et plus humain. Je suis touchée par les familles qui triment dur pour joindre les deux bouts, par la solitude souvent « anonyme », dans un monde éclaté et sans concession pour les moins nantis. Je suis touchée par la cinquantaine d’enfants qui font vibrer « tout le quadrilatère », qui nous appellent à bâtir un monde différent et responsable, et qui nous « rafraîchissent le regard » sur la vie.

Oui, le rêve a laissé place à la réalité, une réalité mouvante, à chérir dans sa complexité, à soutenir, pour lui donner des ailes… des ailes pour la dignité, comme l’exprime si bien le logo de la Fondation. Être témoin et partenaire de cette vie au Carré St-Louis est un privilège… et une responsabilité! Merci la Vie!

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La petite histoire d’un grand projet

Cinquième partie : L’attente et le « fric »
Par : Bernard Malo, témoin privilégié de la grande aventure!

La principale source du montage financier pour la réalisation du Carré St-Louis est la Société d’Habitation du Québec (SHQ). Celle-ci administre les programmes Accès-Logis et Logement Abordable. Ces programmes visent la création de logements sociaux pour les personnes et les familles à faible et à modeste revenu.

En septembre 2003, la Maison Pauline Bonin et Les logements d’Amélie incluant L’Annexe à Roland déposent chacun une demande de subvention à la SHQ. Des demandes totalisant plus de 2 100 000 $. Le projet, hors de la SHQ, point de salut!

À la fin de l’année 2003, le Carré St-Louis fait rapport à la Communauté des SS.CC.J.M. de son étude de faisabilité. Malgré le support de la Ville de Joliette et en anticipant des réponses positives de la part de la SHQ, l’étude identifie un manque à gagner de 800 000$ pour attacher le projet. C’est beaucoup de sous à trouver dans le milieu! Les SS.CC.J.M. témoignent de leur confiance au groupe en invitant celui-ci à poursuivre le rêve un peu fou du Carré St-Louis de Joliette en visant décembre 2004 pour conclure la passation des biens.

Le groupe du Carré St-Louis sera, la majeure partie de l’année 2004, à 2 vitesses : en petite pour obtenir l’engagement incontournable de la SHQ et en grande pour glaner beaucoup, beaucoup de sous.

Du côté de la SHQ, malgré la précieuse collaboration et l’empressement indéfectible de ses intervenants au dossier, l’attente fut longue, un peu comme un vieillard qui espère de la visite en se berçant… attendre sans savoir. Malgré de nombreuses représentations et pressions politiques, personne n’avait de réponse. Si, une réponse : il y a un sévère blocage entre le fédéral et le provincial concernant le renouvellement de l’entente sur le Logement Abordable. Pas d’entente, pas de programme, pas de projet du Carré St-Louis. Et pour compliquer la donne, à l’instar du Québec en avril 2003, le Canada va en élection en juin 2004. Les élections sont généralement frigorifiantes, elles gèlent l’appareil gouvernemental même au printemps.

Le Carré St-Louis a été en grande vitesse dans la recherche de financement auprès du milieu. Les bonnes nouvelles se succèdent durant toute l’année 2004 : le Conseil régional de développement 100 000$; la Caisse populaire de Joliette 200 000$; une subvention récurrente de l’Agence de la santé des services sociaux pour la Maison Pauline Bonin 40 000$; le Comité local de développement 100 000$; les Villes de Notre-Dame-des-Prairies 25 000$ et de Saint-Charles-Borromée 30 000$; et le FRASA (Services Canada) 130 000$. Le milieu démontre une solidarité peu commune.

À l’automne 2004, l’entente sur le Logement Abordable est finalement signée. Peu après, la SHQ engage « conditionnellement » les projets de la Maison Pauline Bonin et des Logements d’Amélie incluant L’Annexe à Roland. C’est-à-dire que la SHQ réserve les unités de logements pour les projets à la condition que le Carré St-Louis finalise son montage financier. Cette bonne nouvelle en cache une autre moins bonne : la SHQ demande d’ajouter 300 000$ aux coûts de réalisation des projets. Les coûts des matériaux et de construction sont exagérément à la hausse. Un nouveau manque à gagner à trouver. C’est donc avec une joie contenue que les troupes accueillent cette nouvelle attendue depuis 15 mois.

Dans le prochain Tour du Jardin : le fric…le désarroi… et un dénouement heureux !

« Le Carré St-Louis » Maquette réalisée par Sylvain Gourd
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Édito : Une fondation au cœur qui bat et aux mains qui agissent!

Par : Claudette Martel, présidente de la fondation

Au-delà de notre objectif premier qui est d’amasser des fonds en vue d’assurer la pérennité des volets du Carré St-Louis et du bâtiment, nous sommes habités d’une vision sociale basée sur des valeurs où l’être humain est la priorité, où chacune de nos actions vise à permettre à des familles, des personnes seules, des jeunes de sortir de leurs pauvretés financière et sociale.

Je me souviens de nos discussions sur cette vision que nous tentions de définir : les mots prenaient tout leur sens et toute leur importance. Ces mots que nous choisissions pour définir notre vision collective et qui justifiaient notre raison d’être. Rappelons-nous « D’hier à demain, un lieu d’engagement pour la lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale », « La solidarité, un geste de cœur », « Des ailes pour la dignité »…

Au-delà des mots et à travers le quotidien de chacun des volets du Carré St-Louis, nous sommes aujourd’hui témoins d’un agir qui confirme cette vision. Nous voyons des femmes, des jeunes, des enfants relever la tête et sourire; des travailleurs et travailleuses, des bénévoles qui mettent tout en oeuvre pour apporter un mieux-être; des groupes communautaires atteindre leurs objectifs de cohabitation. Nous voyons la solidarité et le partage au cœur du collectif. Nous sommes témoins d’une réalité aux reflets de notre rêve!

La Fondation est là certes pour assurer que chacun des organismes traverse le temps et les années. En continuité et à l’image de l’oeuvre des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie, la Fondation existe également pour soutenir des projets et des activités qui s’adressent directement à cette partie de la population qui ne demande qu’à être aidée pour retrouver sa place au sein de notre collectivité. Ces femmes, ces jeunes, ces familles veulent s’en sortir… Ils mettent énormément d’efforts pour changer leurs habitudes de vie et c’est avec beaucoup de fierté que plusieurs voient la lumière au bout du tunnel.

La Fondation se veut complice de la mission de chacun des volets. Ce petit plus qui renforce les liens d’appartenance, qui favorise la création d’un réseau significatif, qui supporte les parents, les jeunes et les enfants dans leurs apprentissages au quotidien. Nous voulons être là où personne n’est, combler les vides pour boucler les aspects d’une prise en charge vers l’autonomie et le mieux-être. Nous sommes là avec d’autres partenaires sur la base d’une approche globale pour répondre aux besoins de ces organisations et de leurs clientèles.

La Fondation est également habitée par le souci de préserver le bâtiment. Beaucoup plus qu’un lieu physique, le Carré St-Louis garde en mémoire l’âme d’une communauté religieuse qui a toujours cru en l’être humain, en ses capacités et au droit fondamental à la dignité. Ce bâtiment de pierres grises est situé depuis plus de cent ans au cœur d’un des quartiers les plus défavorisés de Joliette. Nous avons la responsabilité de sauvegarder ce lieu patrimonial et de lui permettre de traverser encore plusieurs décennies…

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