![]() |
|
FranceArts et Culture |
![]() |
|||||||||||
|
Église Saint-Paul de Rennes
|
||||||||||||
![]() |
||||||||||||
|
Sortant de Capharnaüm, Jésus appelle un homme à le suivre, Levi deviendra Matthieu ! Jésus appelle aujourd’hui des hommes et des femmes à le suivre ! Le baptême qu’ils ont reçu leur donne leur identité de fils et de filles de Dieu en même temps qu’une une vocation à vivre la sainteté pour le royaume. |
||||||||||||
| Jésus appelle aujourd’hui Chrystelle à le suivre dans un engagement définitif après avoir cheminé avec d’autres femmes comme elle qui ont été saisies un jour par le Christ. Oui, la voix du Christ se fait entendre dans le secret des cœurs ou par des médiations humaines pour annoncer son règne et pour être signe et témoin de son amour au milieu des hommes. | ||||||||||||
|
« Viens avec moi ! » « Viens suis-moi !» dit Jésus à Matthieu. On devrait traduire « Viens avec moi ». Il appelle un homme dans son travail, dans le quotidien de sa vie, il appelle un homme que personne n’aurait appelé, un publicain, un collaborateur des romains, un homme hors des circuits habituels. Mais ce n’est pas le passé qui intéresse Jésus mais son avenir ! Jésus reconnaît celui qu’il a vu de « son regard d’Éternel », car il veut le bonheur pour chacun. C’est la route qu’il te propose Chrystelle. « Viens avec moi. L’homme se leva et le suivit. » La suite du Christ met la personne debout, en marche. Le « Viens avec moi », c’est être de la compagnie de Jésus, celle qui forme le disciple. Mais curieusement dans l’appel de Matthieu, si Jésus appelle ce dernier à sortir, c’est pour s’inviter chez lui ! Aussitôt, Jésus est à table pour manger avec lui, avec les disciples, avec les publicains et les pécheurs ! Jésus vient « demeurer » chez lui. « Celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu et Dieu demeure en lui; et nous reconnaissons qu’il demeure en nous puisqu’il nous a donné son Esprit. » « Demeurer en son Amour. » Accueillir Jésus en nous pour qu’il puisse y demeurer est le signe fort de la consécration religieuse. « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe, si quelqu’un entend ma voix, mon Père et moi viendront y faire notre demeure. » Il me semble que la vie religieuse permet cette habitation de Dieu au milieu des hommes. Aujourd’hui, pour Chrystelle, comme il a déjà commencé à le faire, le Christ s’invite chez toi pour y demeurer, pour « former Jésus en toi », pour qu’à ton tour tu puisses « semer Jésus en la terre ». La vie religieuse est le don de Dieu fait à l’Eglise et au monde pour être le signe de la fécondité de Dieu en la terre des hommes, elle est la continuité de la vie donnée du Christ sur la croix pour qu’elle continue de porter du fruit. Par les conseils évangéliques de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, la religieuse qui devient disciple du Christ accorde le don de sa vie, sa volonté, sa liberté, au don que le Christ fait de lui lui-même, à sa soumission au Père, à l’accomplissement de sa volonté. La vie religieuse au service de la communion. Mais le Christ s’invite à demeurer chez nous pour faire communauté avec nous, pour partager sa relation de communion avec son Père dans l’Esprit. Ce qui caractérise la vie religieuse apostolique, c’est la vie communautaire. Parce que les religieuses vivent ensemble, avec des sœurs qu’elles n’ont pas choisies, avec des sœurs de générations différentes, (et l’écart d’âge peut être très grand aujourd’hui) avec des sœurs des congrégations différentes, (c’est le cas de la communauté intercongrégations) elles témoignent du Dieu Trinité qui est un Dieu communion. Il serait dommage de perdre ce signe prophétique au milieu d’un monde éclaté, dispersé, avec des relations éparpillées. Jean Paul II demande (dans Vita Consecrata) « aux religieux d’être vraiment experts en communion, et d’en pratiquer la spiritualité comme témoins et artisans du projet de communion qui est au sommet de l’histoire de l’homme selon Dieu. » Le témoignage passe par la communauté, et non par des personnes individuelles aux qualités qui seraient exceptionnelles ! « La communauté est un élément constitutif de la mission. Lorsque je m’efforce de construire une communauté avec mes frères et sœurs, je suis déjà missionnaire. » Et pour vous, filles d’Amélie Fristel, la communauté passe par une vie de famille ! « Nous ressemblons bien moins à un couvent qu’à une famille. » Et combien cherchent ou manquent d’une vie de famille ! « C’est la Miséricorde que je désire et non les sacrifices. » Enfin, Jésus s’invite dans le cœur de celle qu’il appelle pour lui partager l’intimité de son propre cœur ! La religieuse a été séduite par le Christ, comme le peuple d’Israël a été séduit par Dieu dont le livre d’Osée nous rapporte la belle histoire d’amour, turbulente et passionnée ! « C’est la Miséricorde que je désire et non les sacrifices » redira Jésus à ceux qui l’accuseront de se faire proche des plus pauvres, ceux que Jean Eudes appelle avec force les « indéfendus ». Chrystelle, tu auras par ta vie et dans ta mission à témoigner de l’amour de Dieu par ce cœur qui a tant aimé les hommes. Désoccupée de toi-même parce que Dieu te prend en charge, tu pourras t’occuper avec lui, des autres, dans l’humilité et la discrétion. C’est ce cœur de Père qui a des entrailles d’une Mère qui a touché toutes les filles d’Amélie, filles des Saints Cœurs de Jésus et Marie, « Ne vous faites pas d’illusion. Pour aimer véritablement, il faut être humbles et bien petites; sans cela pas d’amour, tout n’est que pure illusion. » (Mère Amélie) c’est ce cœur débordant d’amour qui avait touché St Jean Eudes quand il écrivait cette prière dédiée au Cœur de Jésus : « l’Ave Cor » la salutation au Cœur de Jésus. Dans le temps préparatoire à ce jour, Chrystelle avait demandé à toutes les sœurs de la congrégation de méditer l’Ave Cor, d’en extraire une phrase et de la commenter. La salutation qui est la plus souvent revenue est celle-ci : « Nous te saluons, Cœur miséricordieux », avec cette autre « Nous te saluons, Cœur très humble », celle que tu as choisie. Miséricorde et Humilité sont, si je puis dire, les deux maîtres mots d’Amélie Fristel : « Le Cœur sacré de Jésus vous est donné pour aimer son Père céleste en vous et pour vous. Voyez et admirez la tendresse de ce cœur miséricordieux qui daigne suppléer à votre pauvreté et votre grande indignité. Vous pouvez prétendre l’amour pur. » Ensemble, nous allons dans un instant prier pour Chrystelle et pour l’engagement définitif qu’elle fait de sa vie à Dieu dans la vie consacrée, et en pensant aux trois autres sœurs qui feront profession cet été, nous allons prier pour tous ceux et celles qui ont donné leur vie à Dieu et pour ceux qui entendent cet appel à suivre le Christ et sont touchés par sa miséricorde. Amélie Fristel rêvait d’un grand jardin pour accueillir les vieillards à Paramé….et dans sa Providence, le Seigneur le lui a donné ! Chrystelle, tu portes avec tes sœurs des rêves pour que l’œuvre de Dieu se poursuive… « Souvenons nous, mes chères filles, que nous sommes de pauvres petites glaneuses qui entrent les dernières de toutes, à son service. Empressons nous de recueillir les épis que les ouvrières de la première heure ont laissé pour nous. » Amen ! |
||||||||||||
![]() |
||||||||||||
| Président de la célébration Père Franck Téhel, vicaire épiscopal |
||||||||||||