Marie de Magdala est ton nom...
Jeune et belle, tu marches d'un pas audacieux sur les chemins de Galilée.
Tu cours, parfois, d'un cœur passionné vers des amours impossibles.
Un jour, ton chemin croise celui de Jésus de Nazareth,
dont les paroles bouleversent les foules venues l'écouter.
Sans doute, es-tu là, au pied de la montagne, avec tous ces assoiffés de bonheur...
" Heureux les pauvres de cœurs, le Royaume des Cieux est à eux,... "
" Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu. "
Ces paroles du jeune prophète te rejoignent au plus profond de ton être.
Habitée par elles, tu te précipites,
le cœur gonflé d'espérance, aux pieds de Jésus
chez Simon, tout étonné... de ta démarche si insolite,
de ton " entrée remarquée dans un repas entre hommes "
Ton regard amoureux croise, alors, celui de Jésus,
qui affirme, haut et fort, devant ces invités qui te condamnent :
" Il lui a été beaucoup pardonné, car elle a beaucoup aimé... "
Tu te relèves, le cœur purifié et gonflé de joie.
Tu peux, alors, avec tous les disciples,
suivre Jésus devenu pour toi : " le Maître "
Avec Jésus et ceux qui ont entendu l'appel,
tu quittes les bords paisibles du lac
et descends vers Jérusalem, la Ville Sainte.
De jour en jour, tu ressens jusqu'à l'angoisse,
la menace qui plane sur Celui " que ton cœur aime "
tu voudrais tant éloigner de Lui, " ce supplice, ce sacrifice incompréhensible ".
Au soir du Vendredi,
Tu te tiens là, au pied de la Croix
avec Marie, la Mère et Jean l'Apôtre bien-aimé,
pour recueillir son dernier soupir, après l'ultime prière :
" Père, entre tes mains, je remets mon esprit ! "
Tout au long des jours suivants,
tu le gardais si vivant en ton cœur,
tu croyais tant en Lui, qu'au matin de Pâques,
dans la brume légère qui enveloppe le tombeau, tu seras là.
Tes yeux gonflés de larmes ne peuvent reconnaître
le Jardinier dont la voix te fait tressaillir de joie,
quand Il prononce ton nom : " Marie ! "
" Rabbouni ! " est ta seule réponse.
Dans l'élan de ton amour, tu voudrais le retenir,
mais, il fait de toi l'Envoyée :
" Va dire à mes Frères ... "
Porteuse de la Bonne Nouvelle,
tu cours sur ces routes de Galilée à la rencontre de tes frères.
Puissions-nous, à ton exemple, Marie de Magdala,
être, à notre tour,
en ce monde qui est le nôtre,
" porteuses de la Bonne Nouvelle ! "