Accueil
Histoire
Spiritualité
Divers
De par le monde
Carrefour jeunesse
Plan du site

Réflexions

Magnificat
Formation Foi et Justice
Mieux connaître les musulmans
La confiance envers les jeunes
Nous aimer les uns les autres...
Es-tu meilleur ou l'unique?
Heureux... heureuse... nous dit Jésus...
Une belle histoire
Retraite Lac-des-Îles 2008

Le Comité Présence aux Jeunes vous propose une réflexion tirée du beau livre Par-delà l’automne, de Paul Tremblay.  Elle s’inscrit directement dans la foulée de la conférence donnée par l’abbé Gilles Routhier. Les jeunes nous pressent de les aborder avec un œil plus favorable, plus espérant… C’est une voie d’avenir et de salut!
La confiance envers les jeunes
Un grand nombre de jeunes aujourd’hui sont inquiets. Inquiets de leur avenir, en commençant par leur avenir professionnel. Inquiets de leurs amours, devant la multiplication des familles éclatées et reconstituées. Ils sont touchés de plein fouet par le divorce de leurs parents. Ils sont plongés, eux aussi, dans un style de vie essoufflant, stressé, encombré, bouleversé. Ils sont également inquiets de l’avenir du monde…

Les jeunes d’aujourd’hui sont nés au temps de la prospérité et de l’abondance. Or, voici qu’ils grandissent et arrivent à majorité au temps des compressions et des économies exténuantes. Eux doivent faire le chemin inverse : passer de l’abondance à l’austérité…
Ils sont les fils et les filles d’une société où il n’y a plus guère d’appartenances stables, ces appartenances qui peuvent limiter et emprisonner, parfois, mais qui également encadrent, protègent, soutiennent et nourrissent le cœur et la mémoire. D’où leur fragilité affective, peut-être plus marquée que dans le passé. Ils grandissent dans un monde où toutes les valeurs sont mouvantes, où tout s’affiche, comme dans les rues de nos villes, valeurs et contre-valeurs, qualité et pacotille… Il leur faut développer un sens aigu de l’équilibre et de la direction.
Dans la société affluente et épuisée qui est la nôtre, les jeunes ont souvent le sentiment qu’il n’y a pas de place pour eux. Ils se sentent comme « superflus ». Ils sont de trop. De trop dans l’horaire surchargé de leurs parents. De trop dans l’organisation et les filières scolaires. De trop dans le marché sursaturé de l’emploi. De trop dans les rues étroites des villes. De trop dans le fonctionnement de la politique. De trop dans la vie des Églises. De trop, et seuls, dans les préoccupations ordinaires de la société des adultes.
Cela dit, même au cœur de ces inquiétudes et menaces, les jeunes sont pleins de santé, physique, psychologique, morale. Il ne s’agit pas d’une impression superficielle, il s’agit d’une sorte de contagion qui vient des jeunes eux-mêmes. Leur dynamisme est contagieux. En dépit de toutes les images qu’on véhicule à leur sujet, les jeunes respirent la santé et l’élan de vivre. Ils s’ouvrent au monde avec confiance, même s’ils savent que la vie peut être dure… Même ceux que la vie a blessés et qui grandissent dans des conditions pénibles demeurent étonnamment vivaces, comme de jeunes plants incroyablement résistants, prêts à resurgir, dès que la chance leur en est donnée…
On serait injuste envers les jeunes si on allait les percevoir sans cesse dans l’horizon sombre d’un drame, d’un désarroi généralisé, bref sous un jour négatif. Les jeunes eux-mêmes nous pressent de les aborder avec un œil plus favorable, plus espérant. Ils veulent découvrir le monde autrement que sous le signe des avertissements et des menaces. Ils n’ont que faire des images dominantes et plutôt désabusées d’un monde fatigué, quasi crépusculaire. Ils veulent découvrir le monde sous le signe de ses possibilités, un monde qui s’ouvre…À ces jeunes en santé, une première réponse s’impose : leur faire confiance. Leur donner du champ. Les associer à des projets. Leur lancer des défis exigeants…
Il est réconfortant de noter que, dans la Bible et dans l’histoire de la chrétienté, Dieu fait souvent appel à des jeunes pour des missions incroyables : Moïse, David, Jérémie, Daniel, Joseph et Maire, Augustin, François et Claire d’Assise, Thérèse de Lisieux. Il ne se laisse arrêter ni par leur timidité, ni par leur manque d’expérience, ni par leur incapacité de parler. Il les envoie… Il sera avec eux pour les accompagner.
Les jeunes ne sentent pas, dans l’Église actuelle, une parole à eux adressée, une invitation à eux lancée, une passion sur eux portée. Ils ne sont ni suffisamment invités par la foi ni suffisamment surpris par elle. Or, la foi commence toujours par un étonnement, par une invitation surprenante…
Il va falloir apprendre non seulement à parler des jeunes et aux jeunes, mais aussi à converser ave eux. Ce dialogue entre les générations est probablement une voie d’avenir et de salut. Il va falloir que jeunes et moins jeunes se retrouvent ensemble, pas d’abord pour parler de religion ou seulement de religion, mais pour échanger sur ce qui fait vivre, ce qui empêche de vivre, ce que nous aimerions vivre. Alors, chacun se retrouvera au départ des chemins, au départ de la foi. Car la foi n’est pas une série de vérités abstraites qu’il faudrait répéter. Elle est avant tout force de vie, énergie pour vivre.

Extraits de Par-delà l’automne, Paul Tremblay, Anne Sigier, Canada, 2005, p. 186-192