Je crois en toi, Jésus, Serviteur souffrant,
« le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6).
Je crois en toi, qui as reçu l’onction de Yahvé
et les larmes des pécheurs repentants.
Je crois en toi, qui as porté la Bonne Nouvelle
aux mendiants, aux estropiés, aux affamés de toutes sortes.
Je crois en toi qui t’es laissé toucher par les esprits tourmentés,
par tous ceux et celles qui maintiennent leur âme
dans la prison étroite de leur incroyance et de leur suffisance.
Je crois en toi, Jésus, Serviteur souffrant,
« le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6).
Je crois que tu as porté nos douleurs, notre orgueil,
notre cupidité et notre mensonge.
Je crois qu’en ta présence,
c’était si beau d’être humain que nous avons eu peur.
Peur de ne pas pouvoir… et que c’est pour cela
que nous t’avons réduit au silence de la croix.
Je crois que c’est le long fleuve de nos désespérances qui t’emporte.
Tu ne t’y soustrais pas mais, au contraire, tu t’y enfouis
pour nous recréer en l’Amour.
Je crois que ce sont « nos souffrances que tu portais
et nos douleurs dont tu étais chargé » (cf. Is 53, 4).
Je crois en toi, Jésus, Serviteur souffrant,
« le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6).
Je crois que nous sommes ta croix de chair
et que c’est pour cela que tu t’y es étendu…
pour que nous ne fassions plus qu’un avec toi.
Pour que, sans le vouloir, sans même le savoir,
nous portions l’Amour jusqu’à sa démesure.
Pour que nous soulevions cet Amour,
pour que nous le dressions sur le Golgotha
afin que nos yeux voient ce Tabernacle de chair,
à jamais ouvert sur le monde, ce Tabernacle du Pardon.
Je crois que ta vie, nul ne te l’enlève, mais que tu la donnes,
« parce qu’il n’y a pas de plus grand amour
que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (cf. Jn 10, 11-18).
Extraits de Je crois en Dieu, p. 12-13, Novalis, 2001